Nous sommes jeudi et Paris bénéficie d'un bel après-midi de merde où il pleut comme à l’accoutumée, je me retrouve au commissariat pour porter plainte contre X. Ce fumier de X m’a volé mon sac à dos qui contenait tout ou partie de ma vie : mon fric, mon maillot de bain moule boules et pire, un paquet de fraises tagada. J’attends mon tour pour me plaindre, je suis assis dans le hall sur une putain de chaise en plastique beige, fabriquée de manière à vous faire mal au cul quelle que soit la position que vous adoptez. Je me trouve à côté d'un type. Il a du sang séché entre les jambes. Sans me regarder il dit : "Ma copine a essayé de me boulotter la pine, je porte plainte contre cette salope de cannibale. Tu es là pour quoi toi ?"
- Un con m’a piqué mes putains de fraises tagada.
- L’enfoiré, il a dû les manger.
- Possible…
- Aïe ! Ma queue !
Le mec gigotte comme un épileptique en se tenant l'entrejambe. Deux flics
accourent pour voir ce qui se passe. Il sort sa queue ensanglantée devant tout le monde : les flics, les autres qui attendent, moi. L’un des flics s’évanouit et l’autre flic pique une crise et l'attrape par le col : "Tu te fous de moi p’tit con ?" Le mec se plonge la main dans le caleçon et en sort un truc immonde, gras, qui rappelle une bonne vieille diarrhée, puis il se lèche la main. Le flic le lâche et renvoie son déjeuner sur place, devant tout le monde : les flics qui arrivent, les autres qui attendent, moi. Le mec se marre, avec sa bouche toute brillante de beurre (car oui, ça empestait le beurre de cacahuète) et se tire en courant.
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