mercredi 11 mars 2009

La fin d'un chapitre

Très chers lecteurs (et amis pour certains), dans la vie d'un homme qui obéit aux dures lois du temps, de l'espace et de la détresse psychologique, arrive un moment où l'esprit ne suffit plus à maintenir la conscience hors de la cage virtuelle de l'apathie.

Nous pensons tous trouver (ou avoir trouvé) des moyens propices à notre épanouissement et à faire quelque part la découverte d'un nouveau canal d'expression. Ce canal, que nous utilisons pour nous livrer aux autres, peut prendre différentes formes : la musique, le dessin, le théâtre, la cuisine, la photographie, l'écriture ou encore la sodomie. Pour ma part, l'écriture a été mon canal d'expression, d'où l'existence de ce blog. Pendant un temps, cet exutoire littéraire a été salvateur pour ma santé mentale. Mais le monde et les affres de la vie auront toujours une suprématie écrasante sur la manière dont nous (et là je parle de la catégorie de gens à laquelle j'appartiens : "les grands prématurés de la vie") percevons la réalité.

Ma pute de mère m'a expulsé de son placenta au bout d'à peine 7 mois de grossesse et c'est je crois, le facteur déterminant qui m'a toujours poussé (malgré moi) à mener une existence au bord de la courbe de la "normalité". Lorsque ta vie débute 2 mois avant le point zéro du commencement, tu te dis que tu as peut-être expérimenté une forme de voyage dans le passé t'offrant la possibilité d'être spectateur d'une période que tu as failli rater. Sauf que bien des années plus tard, ton corps se souvient encore de ce voyage sur l'asymptote de la vie où des tubes en plastique et en caoutchouc te sortaient par tous les orifices. Ton organisme en porte encore les stigmates invisibles alors que ton cerveau bourré de gras, de synapses et de neurones que tu détruis avec l'alcool et les mauvaises drogues, n'était pas encore assez opérationnel pour générer des souvenirs (même flous) de ce très mauvais trip.

Avec un temps d'avance sur les autres, tu t'imagines déjà jouissant ton sperme sur les seins de ta prof de dernière année de maternelle alors que tu es encore persuadé que le Père Noël existe et qu'il t'apportera l'île des pirates en Lego. Puis tu grandis et tes hormones te travaillent de plus en plus. Tu aimerais toucher les filles là où c'est interdit et passer du temps en leur compagnie mais pour ça, il faudrait que tu sortes plus de chez toi, ce qui devient impossible à cause de ta schizophrénie effective latente qui couvait depuis ta naissance et qui commence à pointer le bout de son cul.

En effet, pendant toute ma prime jeunesse, j'avais peur des gens et du monde qui m'entourait. Cette forme d'agoraphobie doublée de paranoïa dura jusqu'à l'adolescence où j'eus une révélation : en fait, je haïssais simplement le monde parce que je ne le comprenais pas (et c'est toujours le cas aujourd'hui). Le sentiment de haine te fait passer de "trouillard peureux" à "gros connard qui se sent intouchable". Cette haine s'est accrue avec le temps et m'a donné un sentiment de puissance qui m'a progressivement déresponsabilisé de l'ensemble de mes actes. Si vous voulez des exemples, (re)lisez le blog en entier avant que je ne le ferme définitivement (le 28 mars).

Je ne me sens pas à ma place à cause de mon avancée temporelle car les gens semblent toujours décalés par rapport à ma perception de la réalité. J’évolue sans cesse dans un alter-monde où je suis seul maître à bord et où l’ordre établi laisse place au chaos perpétuel qui m’empêche de planifier des choses. Pour moi la notion de "plan" est inexistante, mes choix, mes décisions ou mes actes se succèdent pour intervenir dans un futur immédiat. J’ai pourtant essayé de "m’adapter", mais en vain. Quoique je fasse, je me retrouve à la case départ.

Un homme (au sens humain) reste un homme (toujours au sens humain) et je pense que mon erreur a été de faire croire à mon cerveau que la réalité était autre que ce qu'il analysait. Il s'en est suivi un brusque, violent et triste retour à la vie réelle. Cette noire puissance qui faisait ma carapace s'est fissurée à la mort de ma mère pour finalement voler en éclats lorsque mon meilleur ami a trouvé la mort en conduisant ivre (il l'avait bien cherché, mais c'était quand même mon ami). Je n'ai donc plus trouvé la force d'écrire sur ce blog puisque la réalité que je croyais légère était soudain devenue très lourde de sens et de conséquences. Aussi n'ai-je rien trouvé de plus intelligent que de prendre certaines substances comme le LSD, qui a tendance (pendant la dizaine d'heures que durent les effets de cette drogue) à me replonger dans l'époque où le monde m'effrayait. Cumulés sur plusieurs jours, les effets de la drogue ont induit chez moi une régression psychologique progressive où mon esprit se rapprocha peu à peu de ma vie de bébé, 2 mois avant son commencement. J'entrevois donc aujourd'hui les bribes de souvenirs enfouis que je croyais inexistants et qui me renseignent sur ma vie de prématuré.

Au commencement de la vie, il y a la lumière qui vous éblouit. Au commencement de la mienne, la lumière m'a effleuré pour laisser place à une période de néant dont je ne saurais définir la durée. Et ces derniers temps, j'expérimente des voyages qui me permettent d'explorer ce néant endormi pour mieux l'affronter lorsqu'il se réveillera...

Bref, je vous souhaite une vie longue et pleine de rebondissements et n'oubliez pas que j'aurai toujours 2 mois d'avance sur vous.

Cordialement, FRED.

samedi 13 décembre 2008

Confrontation

Je suis devant Soso qui dort, complètement nue sur mon lit. La couette a glissé en grande partie à l'extérieur du lit, ce qui me permet de voir tout ce qui m'intéresse. Trois possibilités s'offrent à moi :
a - Je saute sur Soso et je la viole.

b - Je la réveille brusquement et lui dis : "qu'est-ce que tu fous là (ajouter un "grosse pute" serait un plus) ?"
c - Je vais taper mon nom dans google pour voir mon classement.
d - Je vais pisser (merde, ça fait quatre).

Le lecteur attentif se souviendra que dans le précédent post, je me dirige initialement aux toilettes lorsque je me rends compte que Soso est à poil dans mon lit. Comme chacun hiérarchise l'ensemble de ses priorités comme bon lui semble, je choisis la réponse "d". En effet, niquer donne envie de pisser au bout d'un certain temps, je me dois donc de satisfaire ce qui, plus qu'une envie, est un besoin.

Je laisse donc un répit à Soso et me dirige vers les toilettes. J'en ressors et réalise que je suis moi-même tout nu. Je cherche rapidement un truc pour m'habiller (je vais essayer de ne pas effrayer la fille nue dans mon lit) et retourne dans la chambre.

Je dis : "Allo connasse, on se réveille !" J'attrape un coussin et lui balance en pleine tête.
Elle se réveille doucement :
- Hein ?! Quoi ? Mais qu'est-ce que tu fous à poil Fred ? Avec juste une écharpe autour du coup en plus ? (c'est tout ce que j'ai trouvé en sortant des toilettes)
- Euh... je trouve que ça fait coquet. Et puis toi aussi t'es à poil, c'est celui qui dit qui l'est.
- Ne me dis pas qu'on a..."
- Probablement... et tu as du sang au coin de la bouche.
- Quoi ?! (elle s'essuie la bouche du revers de la main).
- Tu as tes ragnos en ce moment ?
- Euh... oui...
- Alors je t'ai certainement joui dans la bouche, d'où le sang... Ne me remercie pas d'avoir résolu cette énigme, c'est peu de chose en vérité.
Ses yeux s'écarquillent d'un coup puis, elle se lève d'un coup sur le lit, droite comme un "i" et fonce dans ma salle de bain.

Je colle l'oreille à la porte, je l'entends pleurer et faire tomber des objets de masse et de consistance hétéroclites sur le carrelage.
Je dis : " Aller Soso, c'est pas grave. Je ne m'en souviens même pas de toutes façons."
Elle pleure encore plus fort, c'était peut-être pas la bonne technique d'avoir dit ça.
- Aller ne fais pas la gamine, ouvre cette porte, laisse-moi entrer.
- ... elle est pas fermée pauvre connard !
- ...

J'ouvre la porte. Soso est dans la baignoire en train de pleurer. Elle m'a mis un sacré merdier dans cette salle de bain. Je la regarde. Elle est vraiment belle et bien foutue. Elle grelotte comme une conne à cause du froid de la baignoire.
Elle s'arrête de pleurer et me regarde dans les yeux en me souriant. Elle dit :
- On remet ça ?
- Aller, Rock'n'Roll.

vendredi 28 novembre 2008

Oups...

Je me réveille quelque part dans mon appartement. Je réussis à ouvrir les yeux pour me rendre compte que je suis allongé sur le sol, juste devant mon canapé (c'est con, si près du but...). Mon téléphone vibre, c'est un message d'Adrien : "Wouhou ! J'ai dormi avec une fille, ça m'a fait saigner du nez comme dans les mangas !"
Je me lève difficilement et ouvre complètement les yeux au moment où je me bouffe le coin de la table basse en pleine tête. Je constate qu'il est 10h, je vacille, m'écroule sur le canapé et me rendors...

Je me réveille à nouveau, alerté par la sonnette de ma porte. DRING DRING ! Et ça recommence... et encore... et encore... Puis ça s'arrête.
Là, je m'aperçois que je suis encore allongé sur le sol. La sonnette retentit à nouveau. Elle sonne de façon régulière. Je me lève et me précipite vers la porte. J'en profite pour me prendre le coin de ma table basse dans le tibia, c'est gratuit et ça fait toujours plaisir. J'ouvre la porte : personne. Mais la sonnette braille toujours.

(7 secondes plus tard) Putain, c'est la sonnerie de mon téléphone. Je retourne vers la table basse où la sonnerie du téléphone (et donc le sus dit téléphone) continue de pourrir le doux silence de mon appartement. Je décroche : "Allo Fredo ? je te réveille pas ? Connecte-toi tout de suite à Internet, je t'ai envoyé le lien d'une vidéo, tu vas trop te poiler !"
- Putain Romain, tu sais quelle heure il est ?
- 14h34.
- Quoi déjà ?! Ok... bon ouais, je regarderai ça tout à l'heure...
- Non, tout de suite.
- Plus tard.
- Ouais. Bon, sinon ça s'est passé comment avec Soso ?
- Je sais pas, je me rappelle pas. Elle doit être chez elle ou quoi.
- Mon cul ouais, elle est chez toi, elle est rentrée avec toi hier soir.
- ... c'est pas mon genre.
- Je crois qu'hier, tu as fini par faire une exception.
- Ben écoute, je la vois pas là...
- Ouais... ah au fait, je me disais hier : "Pissandre", c'est pas un prénom.
- Et ?
- Ben je te le dis, c'est tout.
- Je te laisse, je vais essayer de me mouvoir chez moi sans me blesser.
- Yep, ça roule bichon. Prends soin de toi, mange six fruits et légumes par jour, fais de l'exercice, manger-bouger... tout ça...
- Ouais, bisou.
- Pareillement.

Je fouille dans ma cuisine pour me trouver un truc à grignoter : des biscuits, des triscuits, de l'huile d'olive, des sauces périmées, du sel trop humide pour être utilisé, du blanc de poulet devenu violet, des aspirines en comprimés et du lait... je regarde l'étiquette : ouais, lui aussi périmé. J'abandonne.

J'allume mon ordinateur et le temps qu'il démarre, je vais aux toilettes. En passant devant la porte de ma chambre, une question me vient à l'esprit : pourquoi Marty ne se tape-t-il pas sa mère quand il se trouve dans le passé ? Elle est quand même vachement bonne...
Puis, une seconde question se pose à moi : il est devenu quoi depuis tout ce temps le mec des blagues de Toto ? Il est pas en H.E.C. ou un truc du genre ?
Je pousse la porte de ma chambre : la réponse à une troisième question me pète à la gueule alors que je découvre Soso complètement nue dans mon lit.

lundi 17 novembre 2008

Fin de soirée

Marjorie est en train de m'engueuler : "Comment ça t'as besoin que Sophie vienne te libérer ? Hein ?"
- Ah, c'est pas parce que je t'ai aussi traitée de grosse pute que tu t'énerves ?
- J'allais y venir petit connard !
Soso m'avait entendue elle aussi. Elle se dirige vers nous, l'air intriguée. Elle tient une verre de champagne à la main... hé mais son décolleté est plus large que tout à l'heure non ? Je dis : "Où as-tu trouvé du champagne ? Soso... on voit pratiquement tes seins là..."
- C'est pas du champagne, c'est du vin blanc mélangé à la de limonade. Astucieux non ?

- Ben ça dépend, c'est pas un peu dégueulasse ?
- Complètement ! - Ah je me disais, parce que...
- Bon c'est fini vous deux ?! On discutait là...

Soso m'attrape et m'embrasse sauvagement. Puis elle regarde Marjorie et dit : "Maintenant il est à moi, va te chercher un danseur de tektonik de plus de 30kg. Fred a beaucoup souffert ces derniers temps, fous lui la paix."

Marjorie baisse la tête et s'en va en direction du balcon, probablement pour fumer une clope... ou pour sauter. On sait pas !

Je dis : "Merci ma Soso, je sais que je peux compter sur toi, t'as toujours été là pour moi. Je dis pas ça spécialement pour Marjorie, mais c'est toi qui m'a traîné de force au cimetière pour voir ma mère, tu t'es toujours occupée de moi..."

- C'est parce que je t'aime mon Fred, mais là tout de suite je vais aller vomir...
- Le faux champagne ?

Elle me fait signe que oui tout en se dirigeant vers l'autre bout du salon.
Ah... elle n'a pas eu le temps d'atteindre les toilettes... Aïe ! Sur le gâteau d'anniversaire en plus. Attendez... c'était un anniversaire ?

Je fonce sur le balcon. Je ne vois pas Marjorie. Je regarde dans la rue, par acquis de conscience : je vois des pompiers. Ils ramassent le clochard sur lequel crachait Anus. J'arrache un bouquet de géraniums (euh le pluriel de "géranium", c'est pas "gérania" ? Non parce qu'en latin : templum, templum... templa... accusatif pluriel, non ? Ho et puis merde !). Donc je me saisis de mes gérania (si si, j'y tiens) et retourne précipitamment dans le salon. Là, je vois Soso qui est encore à genou, réalisant que le gâteau n'aura certainement plus jamais le même goût. Je tends mon bouquet à Claire, à moitié en larmes à la vue de son gâteau au vomi de faux champagne.
Je dis : "Joyeux anniversaire !!!" Romain et Adrien se mettent à chanter derrière moi. Romain prend la voix de Claude François pour chanter "joyeux anniversaire" et Adrien improvise un beatbox.

Claire nous regarde, dépitée. Elle dit :
- Les géraniums de ma mère...
- Euh "gérania" !
- Ta gueule ! Foutez-moi le camp tous les quatre, je veux plus vous voir de la soirée !

Je ramasse Soso qui semble affaiblie et vraiment désolé de ce qu'elle a fait. Je dis : "Romain, va nous chercher nos manteaux."
Romain se précipite dans le couloir près de l'entrée et nous rapporte nos manteaux. Je couvre Soso avec le sien et nous partons tous les quatre. J'entends quelqu'un hurler du salon : "Ben moi en tous cas, j'ai bien rigolé ! Merci les mecs !"
C'était Anus...

dimanche 9 novembre 2008

La pasteurisation

Et putain, s'il y a bien une personne au monde que j'ai pas envie de voir, c'est bien Sim. Mais là, il ne s'agit pas de Sim. Marjorie vient de débarquer dans le salon. Elle observe mes acolytes affalés les uns sur les autres, avec en prime : Romain au-dessous qui pousse des cris d'agonie.
Elle ne m'a pas encore vu, je me faufile discrètement vers le bar improvisé à l'autre bout du salon. Espérons que ma barbe et mes cheveux suffiront à passer inaperçu.

Je cherche les fameux russes blancs dont parlait Adrien, mais je ne vois rien. J'aperçois une brique de lait et demande à un grand type à côté de moi : "J'ai le droit d'utiliser le lait pour me faire un russe blanc ?"
- Qu'est-ce que ça peut me foutre ?
- Ouais c'est pas faux... J'espère au moins qu'il est pasteurisé.
- Ouais ouais Pasteur... Pasteur... ce vieux fils de pute !
Le type broie son gobelets en plastique dans sa main, ce qui a pour conséquence de lui faire gicler son jus de fruit en pleine gueule.
Je demande : "Il t'a fait quoi Pasteur ?"
- Il a tout piqué aux autres mecs ! Mais putain c'est vrai quoi ! La désanhydridation par le bromure hyallurogénique désaturé (je ne me souviens plus exactement des termes techniques qu'il a employés, alors j'ai inventé ceux-là, pardonnez-moi), c'est pas lui qui l'a trouvé ! C'est Damian Ofrakenberg, professeur en exobiochimie élémentale à l'université de Palm Spring, auteur de nombreux articles sur la configuration géométrique des habitats primaires des singes de mer en période de mousson. Il est également l'inventeur, mais ça on le sait tous, de l'éponge en bois (euh là encore, je suis désolé, j'ai encore dû broder autour de ce qu'il m'a dit).
- Bon écoute mec, moi tout ce que je veux, c'est un RB, alors va fabriquer du plutonium avec une allumette et des noix de cajou. Je suis pas un public pour toi.
Le type se barre, le visage tout rouge et les dents serrées. Ah oui, il me traite de "pauvre con de yankee."

Clem me rejoint, il dit : "Avec Adrien et Soso, on a défoncé Romain ha ha ! Bon, sur ce, moi je vais me rentrer, ma nana m'attend."
- T'as une nana toi maintenant ?
- Ben ça fait trois mois qu'on ne s'est pas vus mon Fred, t'as raté plein de trucs. Mais on en reparlera.
Il sort son téléphone et compose un numéro : "Ouais ma chérie ? T'es pas encore couchée là ? J'arrive, je vais partir... ouais... ouais... Par contre euh... il reste un peu de poulet ? OK, c'est cool, je fonce. Bisou."
Il me fait la bise et s'en va.

Je me retourne vers le bar pour me faire un RB. Soudain, je sens qu'on me met une main au cul. Je me retourne : c'est Marjorie.
Elle dit (avec un grand sourire presque sincère) : "Salut Fred, ça faisait longtemps ! Je vois que t'as changé de look, tu vas bien ?"
Je mets mon index sous mon nez pour feindre une fausse moustache et dit : "Fred est parti par là." J'indique la direction du bol de cacahuète posé à côté de moi.
- Arrête tes conneries, pourquoi tu ne m'as pas appelée ?
- J'étais occupé à euh... en fait, si tu veux...
Là je pense fort à Soso : Soso je t'en prie, viens à mon secours, libère moi de cette grosse pute !

Ah putain ! Je l'ai dit tout haut !

samedi 1 novembre 2008

Une rencontre singulière

Je tiens un verre de vodka/pastis/whisky à la main. Je sors sur le balcon pour me fumer une clope. J'ai laissé mes compagnons à l'intérieur, Romain tente de réanimer Clément qui s'est battu avec un porte-manteau (il s'est juste cogné).

Un type est là, accoudé sur le bord du balcon. Il est tout maigre, vêtu d'un t-shirt moulant. Il me lance un sourire un peu pervers avant de cracher dans la rue.
Je dis : "Tu pourrais viser un passant au moins." Je bois une gorgée de mon mélange qui me brûle méchamment les lèvres.
Il rit et me répond : "Je crache sur le clochard juste en dessous depuis un quart d'heure. Il dort pour le moment."
- Moi, c'est Fred.
- Moi, c'est Anus.
- C'est ton nom de scène ?
- Mon nom commercial.
- Tu fais quoi ?
- Je traîne au bois de Boulogne, ramassant les capotes usagées que je revends à des déglingués qui veulent en boire le contenu. Quand je trouve pas de capotes usagées, j'en fais moi-même. C'est très lucratif.
- Je connaissais pas cette filière. C'est de la même catégorie que les "soupeurs" ?
- Ouais, en général les types qui font affaire avec moi sont les mêmes que ceux qui mettent des morceaux de pain dans les pissotières pour les manger en fin de journée.
Romain débarque à ce moment là : "Qui ça, moi ?"

Clem et Soso apparaissent à leur tour. Soso dit : "Romain a essayé de toucher mes seins !"
- C'est pas vrai, c'était pas moi, c'était Clément. Et c'étaient pas tes seins, c'étaient tes fesses. Et là tu te demandes... comment je peux le savoir puisque c'était pas moi. Je te répondrai ceci : "je suis un homme... je suis un homme... quoi de plus naturel en somme ?"
Sur quoi il se précipite à l'intérieur et saute par-dessus un divan pour se dissimuler, mettant malencontreusement son pied dans le visage d'une fille.

Soso se lance à sa poursuite et se jette elle aussi par-dessus le divan, le bras plié pour que Romain se prenne un méchant coup de coude osseux dans les côtes.

Anus dit : "Ils ont l'air sympas tes amis."
- Ouais, parfois ils aiment bien s'afficher.
Je vois soudain Adrien qui émerge de la foule et se jette à son tour sur Soso et Romain.
Clem dit : "Bon ben je vais leur donner un coup de main alors... Rock'n'Roll !"
Et il disparaît à son tour.

Soudain, une tête connue fait son entrée.

jeudi 23 octobre 2008

Prologue

Romain et Clem m'ont dit : "Y'a une fête chez une certaine Claire, tel est son nom d'appellation, ce soir vers Bastille. Il y aura certainement des gens que l'on connaît vaguement et dont on ne se souvient pas du nom. PS. : Soso, toi t'es pas invitée."
Soso a répondu : "Très drôle petit merdeux".

Alors voilà, nous y sommes : 22h47 (début de soirée à 20h, mais les rockstars arrivent toujours à la bourre... et ils cassent des trucs aussi... et ils insultent tout le monde... et ils font des "fuck"... et ils ont de la poudre dans le nez...)

J'ai gardé ma barbe et mes cheveux long du mec qui est resté cloîtré trois mois chez lui et chaussé mes lunettes de soleil. Pour le moment personne ne me reconnaît.
Il y a entre vingt et trente personnes, au 3e étage de cet appartement situé non loin de l'opéra Bastille. Je m'allume une clope et m'avance vers la foule. Je suis secondé par Clem, Romain, Adrien et Soso (pourtant elle était vraiment pas invitée).

Adrien me dit : "J'adore ce que vous faites monsieur Tellier".
Puis il disparaît en sautillant comme un petit singe après avoir hurlé "putain y'a des Russes Blancs !" dans l'oreille de Romain.
Nous progressons à travers la foule, en quête de nourriture, je ne vois pas grand chose avec mes lunettes de soleil, il fait déjà super sombre. Un type que je ne reconnais pas s'approche de moi. Il a l'air assez excité et ne fait que bouger.
Romain et Clem s'interposent entre lui et moi : "Dites donc ! On ne s'approche pas de Sébastien Tellier comme ça ! Vous avez une invitation ?"
- Putain les mecs arrêtez vos conneries !
- Je ne vous reconnais pas monsieur.
- Enlève tes lunettes enfoiré.
J'ôte mes lunettes et ouvre difficilement les yeux.
- Ah putain, c'est toi Adrien ?
- Qui d'autre ? Bon, j'ai déjà bu quatre RB les mecs. Ush !

Romain dit : "Quand même c'est pas chic, on aurait pu inviter Soso"
- Tais-toi connard...
- Tiens Soso, je t'avais pas vue...
- Très drôle.
Soso enlève son manteau. Nous constatons qu'elle ne porte quasiment rien sur elle. C'est plutôt excitant ce que je vois. Et je vois beaucoup de choses là...
Romain dit : "Heu... je vais rester près de Soso, au cas où quelqu'un... enfin un mec malintentioné voudrait s'approcher d'elle et je... euh, pense que cette mission... est faite pour moi. Je vais lui fournir une garde rapprochée."
Soso ne manifeste aucune animosité eu égard à l'éventualité d'une garde rapprochée pour le moins "tendancieuse", sollicitée par le sus nommé Romain (elle est un peu longue cette phrase, hein ?).

Romain dit : "Non mais je déconne, j'en ai rien à foutre moi. Où sont l'alcool, les putes et les tables de black jack qu'on m'avait promises ?"

mardi 30 septembre 2008

Back in Business

Je suis chez moi avec Soso, affalé sur mon canapé. L'épisode du cimetière m'a épuisé.

La sonnerie du téléphone de Soso retentit. Elle répond et me passe le téléphone :
- Allo ?
- Allo Fred ? C'est Clem, je suis avec Romain là. Faut croire que j'ai perdu mon pari, je te croyais mort !
- T'as parié sur moi ?
- Mais non bien sûr que non, on est amis quand même...
- Hé ! Donne-moi mes 50 euros enfoiré ! (c'est Romain)
- Ouais euh... donc ouais, on peut passer chez toi ?
- Non.
Soso me lance un regard bien agressif.
- Ouais d'accord, mais pas tout de s...
La sonnette de mon appartement me hurle dans les oreilles, Soso ouvre la porte. Ces deux abrutis étaient derrière ma porte depuis le début.
Clem entre le premier et dit : "J'ai appris pour ta mère, c'est balo. Mais en même temps, un membre de ta famille en moins sur la planète, c'est un peu comme une victoire supplémentaire pour l'humanité !"
- C'est pas faux.
- Hé mais putain t'es tout maigre ! (là c'est Romain).
- J'ai arrêté les tartines au beurre/huile d'olive/nutella/saindoux.
- T'as bien raison. D'ailleurs, y'a pas à bouffer ? J'ai la dalle.

Soso se dirige vers la cuisine. On entend un remue ménage métallique et plastiqueux (c'est un mot que je viens d'inventer et j'en suis très fier), je crois qu'elle fouille dans mes placards. Elle revient trente secondes plus tard : il n'y a plus rien.
Je me lève du canapé et dit : "Si vous voulez les gars, il me reste de la merde et des mouches".
Sophie se tapote le bout du nez avec l'index et ajoute : "Avec du lait, ça pourrait passer pour des flocons d'avoine..."

Je demande : "Romain, c'est quoi ce paquet cadeau sous ton bras ?"
- Ha ça mon Fredo, c'est pour toi. Tiens, cadeau.
- Merci, c'est trop gentil.
Je déballe le truc. Je me retrouve face à une énorme couille, toute blanche. Avec un fil électrique qui en sort. Je demande : "Pourquoi tu m'offres une burne ?"
- C'est pas juste une burne, regarde, je vais la brancher.
Romain branche la couille et appuie sur un petit bouton. Le truc s'allume et se met à éclairer la pièce.
- C'est une "gonade lumineuse" ! C'est génial hein ?
- Mais putain, où t'as acheté une merde pareille ? (là c'est Soso, moi je suis aux anges devant un truc aussi génialement moche qu'inutile).
- J'ai acheté ça au BHV, la vendeuse s'est un peu foutue de ma gueule quand je lui ai demandé si elle avait des "gonades lumineuses". Quand elle a compris que je parlais d'une lampe, elle m'a aidé à en trouver une dans les rayons. Il se trouve qu'en fait, ce type de lampe s'appelle : "gonophore".

Nous nous regardons tour à tour dans les yeux, Clem, Romain, Soso et moi. Soso tire une tête de 15 mètres, Clem est mort de rire, Romain semble tout fier de sa trouvaille et moi, je commence vraiment à retrouver le sourire...